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RÉDACTIONNEL
Eric Tagliana est le jeune président
de Sterling, une agence invisible de la rue, discrétion
oblige. Il porte un oeil neuf, donc, sur l'immobilier
à Paris.

Sterling a
un fonctionnement assez particulier...
En effet, et c'est ce fonctionnement qui fait la force
et la notoriété de Sterling. D'abord, nous n'avons
pas de vitrine, l'agence est située dans un centre
d'affaires, ce qui va dans le sens de la confidentialité
requise, pour beaucoup de transactions dont nous avons la
charge.
Ensuite, ''l'esprit Sterling'', c'est de faire précéder
toute négociation d'un important travail de conseil.
La négociation n'est que l'aboutissement d'une démarche
au cours de laquelle nous cernons au plus près la demande
de nos clients et adaptons notre offre de services.
Pour les budgets supérieurs à un million d'euros,
nous faisons vraiment du "sur mesures''. Notre investissement
personnel est en rapport avec le niveau d'exigence de nos
clients. Avant de racheter Sterling, il y a un peu plus d'un
an, j'ai commencé par en être salarié.
Je connais donc bien cet esprit, je le partage et c'est ce
qui m'a permis d'être favori pour la reprise de la société.
Quel
parcours vous a conduit à l'Immobilier ?
J'ai fait des études de droit, avant d'être
attiré par les métiers de commerce, parce
que j'aimais le contact et la commu-nication. Si je
travaille dans l'immobilier haut de gamme, c'est bien
sûr parce que l'architecture, les lieux historiques
et les créations contem-poraines me fascinent
depuis toujours. J'aime les belles décorations
intérieures et ce talent qui consiste à
valoriser un lieu me fascine tout autant.
Combien êtes-vous
aujourd'hui chez sterling ?
Mais nous serons rejoints très prochainement par
deux autres collaborateurs, bilingues, comme tous ici. Nous
allons d'ailleurs changer de bureaux, tout en conservant notre
adresse fétiche du 42, avenue Montaigne, pour un open
space que nous voulons convivial et propice à l'émulation
de l'équipe.
Comment vos
clients vous contactent-ils ?
Notre travail est avant tout basé sur un réseau
relationnel important. Nous travaillons aussi beaucoup avec
notre site Internet, sur lequel toute notre offre est présentée,
avec photos et descriptifs. Pour les Français, qui
représentent les deux tiers de notre clientèle,
c'est un moyen ludique de voir ce que nous proposons. Pour
les étrangers, en majorité anglo-saxons, cela
constitue un bon moyen d'approcher le marché et les
biens, quartier par quartier. De façon plus anecdotique,
mon récent passage à l'émission Combien
ça coûte ? sur TF1 a eu un grand impact. Il m'a
valu de nombreux appels téléphoniques.
Quel est votre
cur de marché ?
Notre cur de marché, c'est la transaction de
biens d'habitation situés dans tout Paris, à
Neuilly et à Boulogne, à des prix allant de
450 000 euros à 8 millions d'euros, voire plus. Pour
être plus précis, il faut distinguer le marché
des appartements dits ''familiaux", allant jusqu'à
l ,5 millions d'euros, de celui des lieux d'exception. Nous
avons vocation à être des acteurs de l'un comme
de l'autre. Nous proposons aussi, depuis quelque temps, des
propriétés en périphérie de Paris,
en Seine-et-Marne et dans l'Eure, ainsi que des locations
à Paris, pour répondre aux attentes de nos clients.
Combien
d'appartements et de propriétés avez-vous
en porte-feuille ?
Nous avons environ soixante-dix biens en portefeuille
dont dix exclusivités. Mais comme nous travaillons
beaucoup en collaboration avec des confrères,
nous sommes en mesure de proposer davantage de biens.
A côté de la clientèle fidélisée,
il en existe une autre qui est très présente
dans toutes les agences, en particulier pour les produits
classiques. Le partenariat avec d'autres agences permet
de satisfaire très rapidement la demande de cette
clientèle-là.
Votre
activité aujourd'hui...
Après le rachat de Sterling, nous nous sommes
rapidement repositionnés sur le marché,
malgré une période d'attentisme liée,
notamment, aux événements du l l septembre,
au passage à l'euro et à l'approche des
élections présidentielles. 2002 est une
année de relative stagnation parce que les biens
à vendre se renouvellent peu et que les prix
ont beaucoup augmenté. On sent, de ce fait, un
certain essoufflement.
Constatez-vous
une raréfaction de la demande ?
Non, le marché reste prometteur, pour plusieurs
raisons. Pour le haut de gamme, alors que la clientèle
étrangère voyage beaucoup moins, on observe
un retour de la clientèle française, avec des
budgets élevés.En Janvier, j'ai ainsi fait visiter
beaucoup de biens à des français. D'autre part,
sur le marché des appartements dits familiaux, les
prix au mètre carré trop élevés
dans certains endroits de Paris, par rapport aux capacités
des acquéreurs, favorisent l'émergence de nouveaux
quartiers. Les Parisiens ont toujours besoin de se loger,
ils sont donc obligés d'élargir leur recherche.
Notre volonté et celle de certains de nos confrères,
de faire découvrir ou redécouvrir certains quartiers
mal connus ou mal perçus, à tort, a aussi produit
son effet.
Votre "hit
parade'' des endroits les plus recherchés...
Le Xle arrondissement, un quartier d'artistes, a la côte.
Il devient très à la mode, comme le IXe arrondissement.
On constate une demande croissante de surfaces atypiques dans
ces quartiers. Il arrive, par exemple, que des clients quittent
leur appartement classique du VIIe arrondissement pour un
loft à la Bastille, ce qui est assez nouveau. La clientèle
évolue, à la fois par goût et par nécessité.
Mais bien sûr, les IVe, VIe, VIIe, VIIIe, XVIe et XVIIe
arrondissements restent très recherchés, Boulogne
et Neuilly également. On assiste aussi à une
augmentation de la demande dans des arrondissements qui sont
progressivement réhabilités, où nous
sommes moins présents, comme les XVIIIe, XIXe et XXe
arrondissements. Des immeubles y sont construits, ce qui donne
de la valeur aux logements existants, le prix du neuf influant
toujours sur celui de l'ancien. En fait, le marché
parisien est de plus en plus homogène et Paris, globalement,
s'embellit.
Vous
semblez envisager l'avenir avec optimisme...
Avec sérénité. Il est vrai
que les événements récents et leurs
conséquences économiques ont contraint
certains acquéreurs à réduire leur
budget. Mais ceux qui, parmi les vendeurs, avaient eu
tendance à surévaluer leur bien revoient
progressivement leurs prétentions à la
baisse. Le marché s'équilibre de lui-même.
Même si les excès des années 90
n'avaient pas été atteints, le marché
me semble aujourd'hui plus sain.
Propos recueillis
par Thibaud Tartary pour le magazine "Propriétés
de France".
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